Mer & Vigne, la gastronomie de père en fille

Mer & Vigne, la gastronomie de père en fille

Les Salons Mer & Vigne font leur révolution. Eric CHOLLAT-NAMY, créateur des salons il y a près de 25 ans, va passer la main à sa fille Dorothée. La révolution sera douce, mais c’est une révolution tout de même.

Dans les années 90, Eric Chollat-Namy, la quarantaine, est salarié d’Air France au sol dans le frêt, depuis 22 ans. Il ne s’y voit plus de réelles perspectives. A la vérité, il s’embête. Il se lance alors le sacré défi d’organiser à son compte des salons grand public dans un domaine qu’il affectionne particulièrement : le vin. Le marché est propice et la concurrence raisonnable. Bordelais de naissance, lyonnais de cœur, il lui manque juste quelques attributs bretons pour rendre totalement cohérent son projet. MER & VIGNE naît à Lyon, sur le concept de l’alliance des produits de la Mer et du Vin. Et puisqu’Eric s’y connaît en alliances, et qu’il faut bien devenir économiquement efficace, il y ajoute bien vite les produits de terroir. Bienvenue à Mer & Vigne et Gastronomie.

Tout commence à Lyon

A Lyon donc dans un premier temps, il essaime en France au gré des opportunités ainsi qu’en Région Parisienne où il occupe aujourd’hui les hippodromes de Maisons Laffite et Enghien ainsi que les convenus Parc Floral et Porte de Champerret. Toutes les manifestations se ressemblent, les tarifs exposants sont raisonnables, les exposants s’y retrouvent et deviennent des fidèles. En fonction de leurs actualités et de leurs intérêts géographiques, ils suivent Eric. Le compte est fait, 270 manifestations ont été organisées depuis le début de l’aventure. Le rythme est maintenant de 13 salons par an.

Et ça marche. Eric est économe et monte des manifestations minimalistes (pas de décoration superflue, pas de moquette, une communication ultra ciblée, cartes d’invitation « maison », la famille est mise à contribution, les installations techniques sont basiques et ultra-amorties). C’est remarquablement efficace.

Eric s’investit corps et âme. Il est le patron et l’animateur. Durant les manifestations, celui qui tient le micro sans discontinuer, c’est lui. Il adore ça ! Il en fait largement bénéficier ses exposants, la plupart deviennent ses amis au fil du temps. Ces derniers louent sa fidélité, sa souplesse et son écoute. Ils excusent aussi ses petits excès, l’environnement gastronomique n’est pas de tout repos !

Une affaire de famille

Et puis, il y aussi Raphaëlle, son épouse. C’est elle qui gère, entre autres, les fichiers visiteurs. Elle est ainsi l’organe essentiel du système. Les frais de communication classiques sont réduits (coût, déperdition) et les réseaux sociaux n’ont pas encore démontré leur pleine efficacité. C’est par le travail des fichiers que l’entreprise impose sa marque de fabrique. Les exposants veulent des nouveaux clients ? Qu’à cela ne tienne, par son action sur les fichiers constamment mis à jour. Les Chollat ont tout compris, ce sont les visiteurs consommateurs, sans revenu pour l’organisation puisque l’entrée est gratuite, qui font finalement tourner la boutique. Raphaëlle fait venir en moyenne 60% des visiteurs. Les 40% restants sont les invités des exposants. Mer & Vigne sait par ailleurs soigner les exposants disposant de leur propres fichiers commerciaux.

Fille et fils, qui ont navigué toute leur jeunesse dans l’univers gastro-salons de leurs parents, rejoignent ensuite l’organisation. D’abord le fils, Maxime. Il part bientôt voler de ses propres ailes. Il crée les salons DELISSIME (Limoges, St-Ismier, Annecy-le-Vieux et Dijon en préparation) et rachète les salons VINOMEDIA (15 salons en préparation). Les premiers sont consacrés à la gastronomie, les seconds au vin exclusivement. La concurrence est légère avec les salons Mer & Vigne à certaines dates communes, certains exposants ne pouvant se dédoubler.

Dorothée, la fille, après des études en école de commerce à Dijon, un bachelor de 6 mois à Moscou et un an de césure entre Shangaï et Paris, a 25 ans lorsqu’elle revient dans le giron familial et collabore officiellement à Mer & Vigne. C’était il y a 7 ans, faites le compte, l’âge de la Sagesse qui conduit à prendre la suite. Dorothée CARNEIRO, ex Chollat-Namy, va racheter la société d’ici un an. Qu’on se rassure, Eric et Raphaëlle demeurent dans la boucle, Eric continuera son rôle social avec les exposants et tâtera du micro autant qu’il le pourra.

Quel avenir pour MER & VIGNE ?

« Il est compliqué aujourd’hui de créer de nouvelles destinations à nos salons, les exposants demandent que ça marche immédiatement », dit Dorothée Carneiro. Il faut en effet de plus en plus de temps pour qu’une manifestation s’installe et la majorité des participants aux Mer & Vigne n’ont pas la capacité financière d’attendre. « Il a fallu 8 ans par exemple pour que notre salon de Tours adopte son rythme de croisière, nous ne pouvons multiplier ce genre d’expérience ». Le projet familial est donc de maintenir ses 13 rendez-vous récurrents (Strasbourg é fois, Annecy-le-Vieux, Lyon 2 fois, Maisons-Laffite, Enghien, Tours, Paris Parc Floral 2 fois, Pays de Gex, Paris Champerret et Marcq-en-Baroeul). Maintenir également la sélection des exposants composés à 80% de producteurs et artisans et 20% de revendeurs (représentants de producteurs ou faisant de l’achat-revente pour une dizaine d’entre eux) et surtout éviter les sur-représentations de certains produits qui pourraient s’avérer économiquement néfastes pour tout le monde.

Dorothée compte surtout innover dans le domaine de la communication, trouver des médias plus impactants et travailler le digital avec une agence.
On vous avait parlé de révolution douce. Pourquoi changer les principes qui marchent. MER & VIGNE en est un exemple flagrant depuis ses débuts.
L’équipe de la Gazette des Salons souhaite évidemment longue vie à MER & VIGNE « nouveau modèle » et un réel succès à sa (bientôt) nouvelle dirigeante Dorothée CARNEIRO.

EW

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