Partenariat inédit à Strasbourg pour la protection des consommateurs lors des foires et salons

Partenariat inédit à Strasbourg pour la protection des consommateurs lors des foires et salons

Une des clés pour regagner la confiance des visiteurs de foires et salons grand-public, est de sécuriser leurs achats effectués pendant l’événement. C’est dans cet esprit que Strasbourg-Evénéments et la Chambre de consommation d’Alsace viennent de conclure un partenariat inédit dont l’objectif est de renforcer la protection des consommateurs au moyen d’une information plus claire avant tout engagement contractuel.

Malgré les efforts déployés par l’organisateur de salons alsacien ces dernières années pour informer les visiteurs, « il y a toujours quelques failles dans le système, qui portent atteinte à la crédibilité de l’ensemble d’un événement et de son organisation », déclare Albane Pillaire, directrice générale de Strasbourg-Evénements.

C’est à partir de ce constat que les deux structures se sont rapprochées pour lister « les points sensibles où il faut rester vigilant » :

  • Pas de délai de rétractation dans une foire ou un salon
  • Des commerçants qui entachent la profession par leurs mauvaises pratiques
  • En cas de doute, manque de conseillers objectifs facilement identifiables

Mieux informer sur la suppression du délai de rétractation

Depuis la loi Hamon de 2014, il n’y a plus de délai de rétraction pour les achats réalisés sur une foire ou un salon. C’est le manque d’information sur cet aspect important de la relation entre vendeur et acheteur qui est dans le collimateur de Strasbourg-Evénéments et de la Chambre de consommation. « Si la grande majorité des exposants font bien leur métier en expliquant cela, il en existe toujours quelques-uns qui ne sont pas sérieux ou bien intentionnés », indique la responsable de la société d’économie mixte (SEM) strasbourgeoise. « Il s’agit d’agir en amont pour éviter les litiges ensuite ». D’où ce partenariat visant à améliorer l’information aux consommateurs.

La SEM et l’association de défense des consommateurs attendent des exposants qu’« ils se saisissent, eux aussi, du problème de certains de leurs confrères qui entachent leur profession, de manière à mettre en avant leur professionnalisme et se joindre à nos efforts », reprend Albane Pillaire. L’idée est donc clairement de « faire le ménage et d’avoir un dispositif d’alerte ».

Lors de salons et de foires, « il y a une fragilité des consommateurs : avec une forte envie d’acheter, mais en n’ayant pas toujours le recul nécessaire », rappelle Marie-José Fignier. La présidente de la Chambre de consommation d’Alsace souligne « un meilleur contrat de confiance entre visiteurs et exposants », qui rejaillit sur la « notoriété de l’événement ».

Une aide physique rendue plus visible

Concrètement, il n’y a pas d’engagement financier entre Strasbourg-Evénements et la Chambre de consommation d’Alsace, explique Albane Pillaire. En revanche, la Chambre de consommation d’Alsace met, par exemple, à disposition un conseiller info-énergie, comme ces derniers jours pour le Salon de l’habitat.

L’idée est d’être présent sur un stand, mais aussi d’être visible et repérable sur le plan du salon pour permettre aux visiteurs d’avoir accès à une information complète avant de s’engager dans un contrat, en toute connaissance de cause.

Strasbourg-Evénéments, qui a « la maîtrise de l’espace d’exposition et de la documentation distribuée », va identifier des thématiques (foire, tourisme ou autres) en amont avec la Chambre de consommation, pour cibler au mieux l’information envers le public.

Chacun doit s’y retrouver avec cette initiative : les visiteurs pour leur sécurité d’achat, les exposants pour leur crédibilité, mais aussi les organisateurs en termes de réassurance de leurs publics.

Que dit la loi ?

  • Le consommateur ne dispose d’aucune faculté de se rétracter pour tous les achats effectués directement en magasin.
  • L’interdiction de percevoir une contrepartie financière pendant un délai de 7 jours ne concerne que les contrats conclus hors établissement (ex : démarchage à domicile) conformément à l’article L. 221-10 du Code de la consommation.
  • Dans le cadre d’une vente à distance (achat sur internet), le consommateur paye immédiatement le prix du produit sans perdre pour autant son droit de rétractation de 14 jours.